Steven GERRARD : Legend

Hommage à Stevie GERRARD, the Legend

 

 

Ci-dessous, le mail adressé à quelques amis scribouillards qui constituent le gratin du journalisme sportif belge francophone. Qu'ils soient chaleureusement remerciés d’avoir satisfait ma requête.

 

Cher ami,

A l'occasion du départ à la retraite de Steven Gerrard, je souhaiterais poster sur notre site "Reds de Liège" une sorte d’hommage à cette légende et ce, à l'attention de nos quelque 600 membres.

Pourrais-tu, en quelques lignes, résumer ce que tu retiens de sa carrière de joueur, de l'homme, de sa fidélité à Liverpool FC, de son refus de transfert vers les plus grands clubs. De son éventuel avenir de Manager, à Liverpool ou ailleurs... l’une ou l'autre anecdote. Un but. Que sais-je encore ?

Merci d'avance.

Cordialement,

Cl. H.

 

Christian RASPILLER (Sudpresse)

Liverpool fan

 

Gerrard ne marchera jamais seul

 

L’histoire de Steven Gerrard, c’est un conte de fées pour adultes. A 36 ans, la figure emblématique d’Anfield a refermé un des plus beaux livres d’histoire des Reds, de la Premier League et de l’Angleterre. Gerrard, c’est le symbole rouge vif de la plus décoiffante des finales de la Ligue des Champions un soir de mai 2005 du côté d’Istanbul où l’autre héros s’appelle surtout Jerzy Dudek, le gardien polonais qui hante toujours les nuits cauchemardesques de l’Ukrainien Shevchenko mais aussi cette glissade fatale en avril 2014 devant Demba Ba qui offre une victoire pour l’honneur à Chelsea mais surtout la couronne à Manchester City et entretenir une malédiction qui frappe le club aux 18 titres dont le dernier remonté à … 1990 !

La gloire et l’affront qu’il cultivera aussi avec l’équipe d’Angleterre tout au long de ses 114 sélections et 21 buts et cette absence irréelle de toute demi – finale malgré trois phases finales mondiales (2006, 2010, 2014) et trois européennes (2000, 2004, 2012). Il reste, aujourd’hui, le seul joueur à avoir inscrit un but lors de toutes ses finales disputées en Ligue des Champions, Europa League, F.A. Cup, Coupe de la ligue anglaise et Communauty Shield.

On retiendra de lui un homme fidèle à ses couleurs, totalement impliqué dans le jeu collectif de son équipe, une abnégation de tous les instants. Et dire qu’à 14 ans, il est allé passer un test, à 50 kilomètres de chez lui, à Manchester United qui l’a heureusement laissé filer entre les mailles de ses filets. Car Liverpool FC et Gerrard, c’est plus qu’une simple histoire d’amour.

C’est aussi une légende écrite dans le sang et les larmes qui débute en 1989 du côté du drame d’Hillsborough où son cousin, Jon-Paul Gilhooley (10 ans) est la plus jeune des 96 victimes de ce drame qui bouleversa à jamais le football britannique. Gerrard a alors 8 ans : « Voir la réaction de ses proches m'a poussé à devenir le joueur que je suis aujourd'hui »avouera-t-il plus tard.

Et si je ne devais retenir qu’un seul moment ce serait son fabuleux but de décembre 2004 dans les arrêts de jeu face à Olympiakos (3-1) qui qualifie alors les Reds de Benitez pour les huitièmes de finale de la Ligue des Champions. Le miracle de l’Atatük d’Istanbul n’aurait jamais eu lieu…

 

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Michel DUBOIS (La DH/Les Sports),

Fan du Club Brugge

 

Sa biographie s'intitule "My story". Sa carrière étonnamment linéaire se grave en lettres d'or dans la riche histoire des "Reds". Elle a magnifié les plus grands exploits de l'ère moderne du club d'Anfield Road.

Icône de Liverpool, Steven Gerrard en fut longtemps le patron de jeu. "Il était un leader par l'exemple dit de lui son ancien équipier Simon Mignolet. Il ne parlait pas beaucoup mais, quand il émettait une opinion, tout le monde l'écoutait."

Steven Gerrard symbolise autant les réussites que les échecs de son club de cœur. On a admiré le capitaine qui brandit le trophée de la Ligue des Champions, à Istanbul en mai 2015, après une remontée fantastique de trois buts contre le Milan AC. On a souffert quand on l'a vu glisser malencontreusement, en 2014, pour offrir à Manchester City le titre qui était promis à Liverpool. Ce jour-là, dans le vestiaire, Steven Gerrard a pleuré. Il a même dû avoir recours à un psychiatre pour se régénérer. Il avait dû en consulter un autre, trois ans plus tôt, pour guérir de la dépression qu'avait occasionnée une succession de blessures.

Steven Gerrard, c'est aussi le joueur qu'à trois reprises, José Mourinho aurait aimé attirer à lui. A Chelsea, au Real et à l'Inter Milan. Le capitaine de Liverpool est toujours en possession d'une lettre que Mourinho lui avait écrite et que lui avait remise John Terry. "Mourinho à Liverpool aurait constitué un mariage réussi", a assuré un jour Steven Gerrard.

Steven Gerrard deviendra  bientôt entraîneur. "La porte, à  Liverpool, sera toujours ouverte pour lui", a juré Jürgen Klopp.

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Michel MATTON (La DH/Les Sports)

Newcastle United fan

 

La Bête d'Anfield

Steven Gerrard, la Bête humaine version Zola, la locomotive version Gabin.

J'ai rarement vu un joueur aussi talentueux être autant en permanence au service de son équipe. Je me rappelle d'un match à Tottenham où il avait déballé toute sa panoplie: chasser le ballon, le distiller, le mettre au fond, tirer les coups-francs et les coups de coin.

Son indéfectible fidélité aux Reds ajoute à son côté légendaire. Il ne manque qu'un Ballon d'Or à son palmarès mais il est le seul à ce jour à avoir marqué un but en Cup Final, en League Cup Final, en Finale de Coupe  de l'UEFA et en finale de la Champions' League. Et à chaque fois, Liverpool l'a emporté.

Quant au but qui m'a le plus tapé dans l'œil, c'est sans conteste celui qu'il a inscrit sous mes yeux dans les arrêts de jeu de la Cup Final 2006 à Cardiff face à West Ham. Une buse monstrueuse dont se délecta son coach, ce brave Rafa Benitez que je vénère chaque jour que Dieu fait.

 

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Christian HUBERT (La DH/Les Sports)

Fan du Rugby Club Toulonnais

 

Je retiens évidemment la mémorable finale d’Istanbul (3-3). Et un très beau joueur mais surtout, quelqu’un qui représente comme personne l’attachement à ses couleurs, une exception dans le football de haut niveau d’aujourd’hui. En ce qui me concerne,  la légende de Liverpool, c’est plutôt Kenneth Dalglish sans doute parce que je l’ai vu plus souvent jouer « en vrai » et pas seulement à la télévision.

J’ai été assez choqué  d’entendre à la (pourtant bonne) émission de RMC « le vestiaire » son ancien équipier Diouf raconter à Manu Petit et Roland Courbis (qui n’en revenaient pas)  que Steven Gerrard, c’était un « rien du tout »…

Le ridicule ne tue pas…

 

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Vincent JOSEPHY

(Le Soir)

Fan du Barça. Et désormais des All Blacks et du Kituro.

Et sans être un fan absolu, Vincent a toujours aimé Liverpool FC, le Celtic, Gladbach...

 

Evoquer la carrière de Steven Gerrard en quelques lignes, c’est presque faire affront à son incroyable longévité, à cette fidélité longue de 26 années à la cause de Liverpool, le club qu’il aimait plus que tout et qui le lui rendait bien. Gerrard, ce n’était pas un simple joueur des « Reds », c’était l’incarnation même de la philosophie de Liverpool, un joueur généreux dans l’effort, qui courait partout, ne baissait jamais les bras. Alors qu’il aurait pu signer dans un « plus grand club », il n’en vit jamais l’intérêt. Quand je repense à lui, je revois ses nombreuses frappes destructrices et les célébrations toutes personnelles qui allaient de pair.

Forcément, comment oublier ce coup de tête réussi en 2005 dans la nuit d’Istanbul, quand les « Reds » étaient menés 3-0 à la mi-temps de la finale de la Ligue des champions par l’AC Milan ? Alors qu’il termina le match à l’arrière droit, il avait marqué e 3-1 à la 54e, sprinté vers son camp en levant les bras au ciel pour exhorter le public et ses équipiers à croire en un exploit qui tenait du miracle. Six minutes plus tard, le marquoir affichait 3-3. Quelques dizaines de minutes plus tard, il soulevait la Coupe aux grandes oreilles, un moment magique qu’il affirme pourtant classer derrière ce jour de 2003 où Gerrard Houllier lui confia le brassard de capitaine.

Tout est dit. Chapeau et bonne route, Monsieur Gerrard ! 

 

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Eric CLOVIO

(Sudpresse)

Fan de Giresse, des Reds et des Rouches

 

Solide sur ses appuis, inflexible dans les duels, tranchant dans ses passes, net dans ses frappes : le foot de Steven Gerrard est semblable à son système de valeurs. Loyauté, rectitude, franchise et fidélité sont des principes duquel l’enfant du Merseyside jamais ne s’est écarté, sous ce maillot red qui semblait se confondre avec son épiderme comme sous la tunique blanche de l’équipe nationale. A l’instar de Giggs, Scholes, Xavi, Iniesta ou Casillas, pour ne citer que quelques exemples emblématiques du foot des années 2000, Gerrard appartient au cercle vertueux des clubmen, à la couenne épaisse, qui n’ont jamais sali ou trahi la vareuse que d’aucuns sont si prompts à embrasser avant de la piétiner un peu plus tard. De Stevie, plus encore que l’activité incessante d’un rectangle à l’autre, au-delà des trophées britanniques et continentaux qu’il a pu soulever, je retiens avant tout l’image d’un joueur obsédé par l’altruisme dont son équipe devait profiter. Un capitaine en mission, qui n’a eu de cesse de jouer pour son cousin Jon-Paul, disparu en 89 dans la tragédie de Hillsborough, à l’âge de 10 ans. Steven en avait deux de moins… 

 

 

 

« J'étais venu pour voir un stade et je repars avec le souvenir de scousers très attachants et d'une ville unique et originale. Certes, son ciel a du caractère, ses docks abandonnés donnent froid dans le dos et ses Beatles réveillent la nostalgie d'une époque révolue. Mais désormais, sans oublier son passé, Liverpool fixe son regard vers le futur et sait apporter à l'homme de passage toutes les surprises et les émotions qu'il attend de chacun de ces voyages. »

Serge Gloumeaud.
Site officiel Liverpool : www.liverpoolfc.tv